Août 2021

Renouveau… renouveau. Pas facile, de se sentir spontanément porté à parler de renouveau, par les temps difficiles que nous traversons et qui n’en finissent pas, cette période de morosité et d’inquiétude tenace; cette période de tension, même. Tous ensemble et chacun à part soi, nous aurons été affectés par la double période de confinement et de contamination du Coronavirus, et par leurs répercussions plus ou moins profondes, plus ou moins diffuses, plus ou moins longues et dramatiques.

Pourtant, pour l’art et la culture comme pour le reste, il y a toujours un horizon qui nous attend, une aspiration à retrouver, un premier geste qu’il nous appartient de poser à nouveau : marcher, rouler, sauter, plonger… accueillir, proposer. À ce stade, rien ne garantit encore que la Biennale de photographie en Condroz, proposition-phare de notre saison, qui en sera à sa dixième édition, ne constituera pas la première activité d’envergure que le Centre culturel (désormais de Marchin-Modave-Clavier) aura l’occasion de planifier en 2021. Rien ne garantit même encore, d’expos reportées en concerts annulés, de plans B en systèmes D, que cette édition pourra bien avoir lieu dans les circonstances espérées ni à la date prévue : les week-ends du mois d’août.

Les choses avancent pourtant et elles sont encourageantes. Car cette dixième édition se devrait bel et bien d’être celle du renouveau : nouvelle équipe, pour bonne part; nouvelles propositions; nouveaux territoires, tant artistiques que géographiques, et aiguillés, au fil d’une mobilité douce, le long du RaVel et du Hoyoux, notamment. Nouvelles perspectives, nouveaux projets et nouvelles collaborations : tant de nouveautés sont bien sûr signes d’une incertitude qui s’ajoute à l’incertitude; mais signes positifs et stimulants, tout autant. Car la liberté de ressentir, l’envie de créer et le besoin de partager ne s’étouffent pas en un claquement de doigts, sous le couvercle d’un couvre-feu — fût-il nécessaire ou même salutaire.

La photographe Katherine Longly, au gré de séjours réguliers, poursuit sa mission, entamée depuis plusieurs mois déjà; un dossier, introduit par elle et le Centre culturel, a débouché sur une bourse complémentaire attribuée par la Fédération Wallonie-Bruxelles et témoigne d’un soutien renouvelé, attentif, aux artistes et à leur situation. De nouveaux collaborateurs et de nouveaux créateurs — photographes, mais pas seulement, et parmi lesquels nombre de jeunes talents féminins — s’impliquent et réfléchissent. Des liens se créent, un réseau se tisse lentement, depuis la vallée en contrebas de Marchin et jusqu’à Terwagne, via Pont-de-Bonne. La qualité, la diversité et l’accessibilité seront au rendez-vous, nous nous en portons garants ! Mais nous ne pouvons, à l’heure qu’il est, pour cette version inédite et aventureuse de la biennale, qu’espérer pouvoir vous accueillir dans les meilleures conditions possibles — nombreux bien sûr, mais surtout ouverts, disponibles, et enfin sereins.

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Photo : "Le Hoyoux coule toujours, son eau est claire et généreuse. Le printemps est là, timide mais plein de belles promesses." Jacky Lecouturier, 26 mars 2020